Association Pontigny en lumière
25 janvier 2026

Mémoires de Pontigny: ILLUMINATION ABBATIALE

L’ÉGLISE DE PONTIGNY ET LE CLOÎTRE

MIS EN LUMIÈRE

 

Photo Luc Feillée
 

L’illumination de l’église abbatiale est envisagée dès 1989 sous la mandature du maire Marcel Depuydt. Les travaux seront réalisés en 1993, l’inauguration aura lieu le 29 octobre, la réception des travaux un mois plus tard.

 

Une inauguration pleine de ferveur et d’enthousiasme.

Le 29 octobre 1993, c’est donc l’inauguration. Dans un article paru dans l’Yonne Républicaine signé Pierre Chiapino, on apprend que 400 personnes sont venues pour assister « au spectacle exceptionnel de l’abbatiale jaillissant de la nuit dans un écrin de lumière... Un évènement d’exception auquel le public fut préparé par le concert de chants du monde offert par le groupe vocal et instrumental Alma-Choralis». Le maire déclarera : « Nous avons réalisé l’illumination de l’abbatiale dont l’impact est prévu à travers le département mais aussi hors département… »

 

Une joie de très courte durée

Mais les choses ne vont pas se passer aussi bien que prévu et l’enthousiasme du maire, de son l’équipe municipale et sans doute d’une partie de la population va rapidement être sérieusement douché.

 

Le 12 novembre parait un autre article dans l’Yonne Républicaine signé par la journaliste Isabelle Gautier, titré « Une ombre sur l’éclairage de l’abbaye ». Une polémique s’installe entre le maire et les représentants des Bâtiments de France. Ils lui reprochent d’avoir creusé des tranchées qui pourraient compromettre les futures fouilles archéologiques. Celui-ci leur répond : « Faut-il que j’appelle un archéologue à chaque fois qu’on creuse une tombe dans le cimetière? ». Belle ambiance !

Les Amis de Pontigny par la voix de leur président Bernard Aléonard ne sont pas en reste et reprochent également au maire de ne pas avoir respecté des règles de protection du site. Ils ont refusé comme d’autres, de participer à l’inauguration.

 

Une réception contestée de ces travaux

Quelques jours plus tard, le 29 novembre, le maire organise la réception des travaux qui rassemble les autorités. P. Arnould, conservateur régional des monuments

 

historiques, et J.M. Claustre, Architecte des Bâtiments de France, sont présents. On imagine que la réunion a été tendue si on en croit le courrier qu’ils ont adressé au maire quelques jours plus tard, un courrier de trois pages, très critique sur la réalisation.

Il y est noté que la réception des travaux est convoquée à 16 heures, alors qu’il fait jour : « La visite ayant eu lieu de jour, il n’y a pas eu de discussion probante sur la qualité de l’illumination proprement dite ».

Le réquisitoire se poursuit : « Les mesures à prendre (pour corriger l’installation) se situent sur l’ensemble : soit tous les appareils devraient être déplacés et changés, soit une intervention partielle permettrait d’améliorer l’installation ».

Ensuite, ils dénoncent l’absence de concertation entre la mairie et les bâtiments de France, « service responsable en matière de monuments historiques » qui par ailleurs informés de ces travaux non déclarés à son service (y aurait-il eu dénonciation ?) a

« signalé l’infraction » à la préfecture.

La dernière phrase de ce courrier est sans appel : « Le constat établi lors de cette visite met en évidence l’absence notoire du minimum de sensibilité qu’on est en droit d’attendre au regard d’un édifice de cette qualité, et de cette notoriété qui dépasse naturellement le seul cadre du Département et de la Région. »

 

L’autre curiosité de ce chantier concerne le choix des parties éclairées. Le cloître, invisible et inaccessible depuis l’extérieur puisque propriété privée de l’ADAPT. est lui aussi éclairé par la pose de projecteurs encastrés dans le sol.

 

Le calice bu jusqu’à la lie

Il n’y aura pas de modifications de l’installation souhaitées par les représentants des monuments historiques. Inutile en vérité, car elle sera vandalisée par le vol de câbles et de projecteurs peu de temps après son inauguration et jamais réhabilitée !

Notre église se retrouve plongée dans le noir, comme depuis 900 ans. Seule la lune viendra l’éclairer, une lumière poétique, tout en sobriété, conforme aux vœux des cisterciens qui prônent l’humilité et la pauvreté, dans le respect de l’austère Règle de saint Benoît.

 

Des vestiges et une photo


De cette installation, il nous reste de rares projecteurs

accrochés en hauteur parmi les 32 posés, des lampes encastrées dans le sol du cloître, une gaine électrique disgracieuse qui court le long du mur du cimetière, une autre au pied de la façade sud de l’église, toutes deux contenant toujours leurs câbles électriques, des supports dépouillés de leurs projeteurs dans tous les coins, vestiges abandonnés d’un projet que se voulait somptueux.

 

Il nous reste aussi cette précieuse photo. L’intensité de la lumière pique un peu les yeux. On a l’impression que les techniques et moyens utilisés s’apparentent davantage à un éclairage industriel plutôt qu’à celui d’un monument historique.

 

Photo Luc Feillée

 

Conclusion

Une mise en majesté ratée de notre monument, doublée d’un gâchis d’argent public, important à l’échelle de notre petite commune (161.856,98F TTC), voilà un épilogue au goût amer.

 

 

Novembre 2025

C. Henriat

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Cette association a pour objet d’organiser diverses manifestations d’ordre culturel et social à Pontigny. Elle cherchera à mieux faire connaître Pontigny, pour mettre en lumière son histoire et son patrimoine, en développant des synergies à partir de son environnement culturel, touristique et économique.
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